Camaraderie

La cécité complique les interactions sociales.
Les comportements sociaux sont des conventions apprises par imitation auxquelles les élèves aveugles n’ont pas accès.
Dans certains pays (au Canada par ex., mais pas en France) les élèves aveugles ont des cours d’”habilité sociale”.

Image des autres

  • Impossible de s’appuyer sur les mimiques, le langage corporel, la gestuelle ou autres indices non verbaux pour décoder un message, en interpréter le sens, préciser l’intention de l’émetteur, savoir que quelqu’un a fini de parler, qu’un autre s’apprête à prendre la parole…
  • Difficile d’aborder une personne avec un “Tiens ! T’as changé de coiffure ? Ça te va bien !”, “Oh! il est top, ton sac !”, ou “Tu lis quoi, là ?”, ni de savoir très vite qui participe à une conversation de groupe. Le temps de réussir à capter qui est dans le cercle, qui parle de quoi, et la situation a déjà changé, les enfants courant souvent d’un groupe à un autre.

Image de soi

Avoir une juste image de soi, comprendre et accepter le principe du jugement sur les apparences, est difficile.
On peut signaler, gentiment, ce qui gêne dans l’apparence (vêtements à l’envers, tâches, propreté des mains…)
Tout en expliquant ses difficultés à ses camarades, on peut l’aider à comprendre que les comportements socialement dérangeants sont à remplacer par d’autres, plus conformes. En particulier, il doit apprendre :

  • qu’il y a une distance de communication entre les personnes implicitement admise. On ne touche pas les autres (ce qu’il fait pour s’assurer de leur présence ou par inadvertance).
  • qu’on tourne le visage vers la personne qui nous parle ou à qui l’on parle, même si on ne la voit pas.
  • qu’il existe un langage codé des gestes et des attitudes corporelles. Voir gestuelle sociale.
  • que même s’il n’en a pas conscience, parce que lui ne le fait évidemment pas, il est sans cesse observé : quand il baille, quand il s’ennuie, quand quelqu’un l’énerve, etc… il doit contrôler, cacher ses réactions pour ne pas être trahi par ce qu’il montre.

La curiosité pousse à observer celui qui est handicapé mais on est extrêmement gêné de le faire, jusqu’à détourner le regard, à fuir, ignorer la personne handicapée pour ne pas paraître voyeur et la vexer. Avec la cécité, le problème ne se pose pas, c’est une grande chance !

Autonomie

  • Une manière facile d’aller vers autrui pour engager la conversation est de demander de l’aide, entretenant une relation de dépendance
  • L’élève aveugle suscite généralement beaucoup d’empathie chez les autres, qui ont tendance à faire à sa place.
  • Quand quelqu’un propose son aide, il est difficile de refuser sans le vexer.
    Cette bienveillance risque d’entraîner un ralentissement dans le développement des élèves pour qui l’acquisition de l’autonomie demande un gros effort.
    Pour inciter l’élève aveugle à l’autonomie et à affirmer sa personnalité, il faut lui donner les moyens de participer activement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *