Dépistage

Le dépistage s’effectue d’abord par les observations cliniques, confirmées par un examen psychologique : entretiens avec les parents et l’enfant, batterie de tests psychométriques… Le bilan, loin de se limiter à une série de résultats chiffrés assorti d’un Q.I., présente la signification des résultats et les conseils qui en découlent. Identifier la précocité permet de donner du sens à certains comportements apparemment inadaptés et de prévenir ainsi la survenue d’éventuelles difficultés affectives ou cognitives chez ces enfants atypiques.

L’observation

  • Elle est difficile, par manque de norme, qu’est-ce qu’un enfant aveugle «standard» ?
  • On peut mal interpréter les signes et les attribuer à la cécité : langage élaboré = normal, la communication ne peut passer que par là, excellente mémoire = normal pour un aveugle, pose des questions sans arrêt = normal, il ne voit pas, il a besoin de descriptions, calcule tôt et bien mentalement = normal, il est dans son monde, compter ça l’occupe, etc…
  • Un enfant intellectuellement précoce est suffisamment différent d’un enfant dans la norme pour qu’on puisse lui diagnostiquer à tord des troubles psychopathologiques, a fortiori s’il est aveugle et que son histoire médicale est complexe.

Le mythe du gavage

= gavage intellectuel que feraient subir des parents trop ambitieux à leur enfant qui préférerait jouer, ou qui répondrait à une demande de précocité qu’il aurait cru sentir chez ses parents, il ne voudrait pas les décevoir.

  • En présence d’un handicap, les parents sont perçus comme fragiles, n’ayant pas fait le deuil de l’enfant parfait, prêts à le «surstimuler» pour compenser, d’autant plus qu’il est fréquent qu’un des parents cesse son travail afin de se rendre disponible pour l’enfant.
  • L’enfant, lui, ayant déjà «déçu» une première fois ces parents, tenterait de son côté de ne pas les décevoir une seconde fois.

Le passage de tests

  • On hésite d’avantage à faire passer des tests de QI aux enfants handicapés, la tendance étant au refus des évaluations, de «l’étiquetage».
  • Il existe toujours dans le parcours de l’enfant (hospitalier, scolaire…) un, souvent plusieurs psychologues. On croit donc avoir tout exploré de l’enfant, mais tous les psychologues ne sont pas formés à la précocité.
  • Les tests ne sont pas adaptés à la cécité, pas seulement à cause des supports qui sont visuels, mais aussi parce qu’un enfant aveugle n’a pas pu avoir les mêmes expériences, se forger les mêmes connaissances que les enfants voyants sur qui sont étalonnés les tests.

Le bilan des résultats

  • Les enfants handicapés ont un dossier médical dans lequel on classe leurs différents bilans. Le bilan issu des tests de QI risque d’être classé «secret médical» avec les autres.

Le profil psychologique résultant des tests est fait pour donner des orientations adéquates et doit donc être transmis aux personnes qui participent à l’éducation de l’enfant, à commencer par la famille. L’orientation d’un enfant handicapé étant définie par des commissions, il est nécessaire que ces commissions aient connaissance des bilans et puissent y avoir accès.

L’information après le test

  • L’enfant sait déjà qu’il est différent de par sa cécité, et peut croire que toutes ses différences viennent de là.

Il est d’autant plus important que le psychologue lui fournisse une explication claire de sa précocité intellectuelle et de ce qu’elle implique.

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