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Marche, locomotion, déplacements


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Apprentissage de la canne

 "Je suis les discussions sur un newsgroup anglophone ("LCA", un newsgroup spécialisé sur l'Amaurose Congénitale de Leber), et il semble qu'aux Etats-Unis, les cours de locomotion commencent très jeune. Il y avait récemment un témoignage d'une maman dont la fille a 2 séances de locomotion par semaine, pour apprendre entre autres à utiliser la canne. La fillette a... 3 ans 1/2 !"

 "XXX a des cours de locomotion avec une instructrice diplômée. Mais la canne est hors de question, c'est une volonté délibérée. Les arguments : il y a des pré-requis nécessaires : être parfaitement latéralisé, savoir se situer dans l'espace, se construire une carte mentale de l'environnement, avoir une forte capacité de concentration, etc... Sans doute parce qu'en France, contrairement aux États-Unis, la méthode d'enseignement est calquée sur celle employée pour les adultes, on attend donc que l'enfant ressemble à un adulte. (...) Un guide de locomotion américain recommandé par "the Lighthouse" et destiné entre autres aux parents : "Teaching Age-Appropriate Purposeful Skills : An Orientation & Mobility Curriculum for Students With Visual Impairments" de Rona L. Pogrund. Le guide ne parle pas que de la canne, tout ce qui concerne la locomotion, y compris les fameux pré-requis, est expliqué. C'est en anglais, nous n'avons rien trouvé en français."

 

 "A mon humble avis de maman, c’est dû à un manque de moyens, donc de profs en loco,  à une rétention de savoir de la part des professionnels, qui pourraient déléguer… à un manque de volonté des établissements dans lesquels certains professionnels semblent penser que « c’est à l’enfant d’en faire la demande ». J’avais donc demandé : « comment un enfant pourrait il la demander s’il ne la connaît pas ? » - « tout dépend de son ressenti… » J’avais donc pensé tout haut que c’était aux parents de faire connaître cette canne, sans attendre…« ah mais ça ne peut être enseigné que par des professionnels, vous risquez de commettre des erreurs » Ben oui, c’est certain, sans les conseils sacré des professionnels, bien sûr que je vais m’embourber. Et hop, une petite louche de culpabilité… Psychologie, quand tu nous tiens…"

 

 "Après tout, on attend pas qu'un enfant soit latéralisé pour lui apprendre à se laver les mains ou les dents ou encore à lacer ses chaussures. Si après, il doit rencontrer un hygiéniste, un dentiste ou un cordonnier, eh bien une partie de travail sera fait. le professionnel aura alors bien sûr à corriger les bêtises que font ces crétins de parents qui n'y connaissent rien mais sur le tas, ces imbéciles de parents auront sûrement appris quelque chose de pas trop stupide à leur enfant... par exemple qu'ils ne le dévalorisent pas quand il se promène dans la rue avec un canne à la main. Utiliser une canne ça commence par s'accepter avec sous le regard des siens."

 

 "Je suis mère et je me pose des questions sur les déplacements de mon enfant,  je veux seulement répondre à ses demandes, qui sont en ce moment de marcher seule sans notre main. Nous sommes allés faire les courses en famille et XXX, 3 ans, marchait derrière nous et nous suivait seule avec sa canne. Elle était, je crois, heureuse, car elle se sentait libre et autonome. Je pense que le plus dur à gérer, ce sont les gens autour de nous qui s'arrêteront pour la regarder, éberlués, comme se fut le cas aujourd'hui. Mais le regard des autres ne dérange absolument pas XXX. En plus, elle a trouvé très rigolo de sauter et de courir avec sa canne dans le supermarché, car la canne glissait bien. Je crois que je ne tiens pas rigueur aux professionnels qui nous déconseillaient voier nous interdisaient la canne à son âge, je pense qu'ils veulent se rassurer en mettant tous les jeunes enfants aveugles dans le même cadre. Ce n'est pas une critique mais il est vrai que nous sommes parents avant tout et je crois que quand j'observe mon enfant, je la vois radieuse, souriante, heureuse, aimer la vie... Je crois que c'est elle qui nous fait avancer dans la vie et de la voir grandir à cette vitesse, nous nous refusons de s'arrêter à des réflexions de professionnels, car nous sommes ses parents et que nous avons le même droit d'éducation que nous avons eu pour son frère et sa soeur."

 

 "Je suis allé à New York et j'ai pu rencontrer une éducatrice du Lighthouse (fondation pour l'enfance aveugle qui accueille environ 70 enfants aveugles pour la plupart). Elle me disait que les enfants bénéficiaient dès leur plus jeune âge (à partir de 3 à 4 ans) de cours de locomotion deux à trois fois par semaine ! Ces cours commencent dès que l'enfant a compris qu'il peut éventuellement faire mal ou blesser les autres enfants avec la canne et qu'il ne s'en sert plus pour faire des moulinets au-dessus de la tête..."

 

 "Pour info, en Belgique, à L'IRSA (l'école spéciale pour enfants malvoyants et aveugles de Bruxelles), la technique d'apprentissage de la canne passe par la pré-canne : une sorte de manche de tondeuse à gazon au bout de laquelle se trouve un rouleau en PVC qui roule sur le sol. Le principe est intéressant : ce rouleau embrasse une plus grande surface, est stable et se trouve, à l'inverse de la manipulation d'une canne chez un petit enfant, toujours devant lui. De plus, la précanne, de par son large "spectre" vis-à-vis du sol, informe bien l'enfant."

 

 "XXX était autonome avec sa canne à l'âge de 2 ans ; autonome, c'est a dire qu'à cet age, il pouvait marcher à nos côtés sans avoir à nous tenir la main constamment pendant nos promenades ou en allant faire des courses etc...; il pouvait aussi "explorer" certains endroits comme la banque ou des épicerie... comme le font typiquement les enfants de cet âge; au parc de jeu il pouvait aussi choisir seul les endroits où il voulait aller. Pour la technique, elle était simple et facile à comprendre : garder le bout de sa canne sur le sol. Naturellement et sans avoir besoin de lui expliquer, il a réalisé à cette époque qu'il pouvait utiliser sa canne pour explorer devant lui, derrière lui, à droite, à gauche. En fait je me rappelle de lui encore à cet âge en train de "balayer" autour de lui pour voir ce qu'il y avait dans son proche entourage. A cet âge, apprendre à utiliser la canne pour un enfant n'est pas différent des autres choses qu'il ou elle doit apprendre, comme se brosser les dents, mettre ses chaussures, ranger ses affaires etc... C'est juste une chose de plus à apprendre. Un enfant de cet âge, qu'il soit voyant ou déficient visuel, veut tout faire par lui-même; la canne permet à l'enfant déficient visuel d'obtenir cette indépendance. Plus besoin de lui signaler les trottoirs, avec sa canne il peut s'en rendre compte tout seul. Plus besoin de l'accompagner à la balançoire ou au toboggan, avec sa canne il peut y aller tout seul comme les autres enfants du parc de jeu. Plus besoin de lui dire de ne pas bouger dans un magasin de peur qu'il renverse une étagère, avec sa canne il peut explorer, satisfaire sa curiosité, connaître son environnement. C'est aussi à l'âge de 2 ans que XXX a commencé à travailler avec un éducateur en mobilité. Celui-ci lui faisait faire des exercices de motricité, de prise de conscience de son corps, de la gymnastique etc.. et aussi progressivement lui apprenait les techniques de base d'utilisation de la canne à raison de séances qui variaient entre 10-15 min. Il travaillait au début (dans le désordre) sur la posture, sur la façon de tenir la canne, sur la détection d'obstacles, de trottoirs, sur la reconnaissance de points de référence (portes, radiateurs etc.), sur la détection des sons et leur signification, sur l'ouverture/fermeture de portes, sur descendre/monter les escaliers etc... XXX devait aussi apprendre à laisser le bout de sa canne constamment sur le sol en la faisant "glisser" devant lui. Aujourd'hui XXX a presque 7 ans et est complètement indépendant dans tous les endroits où il va, connus ou inconnus. Comme tous les enfants de cet âge, plus question de tenir la main de ses parents ("je ne suis pas un bébé! ") En fait un de ses objectifs, c'est de pouvoir marcher à l'école tout seul avec ses copains ! Il faudra qu'il attende encore un peu... Il a déjà obtenu qu'on le laisse à la porte du gymnase quand il va a ses cours de karaté ! Il va aussi tout seul dans la maison de voisins qui vivent dans la même rue. Il peut aussi servir de guide pour son petit frère, 4 ans plus jeune que lui, en lui tenant la main. A l'école, il peut se diriger bien sur sans aucun problème pour aller à la cantine, ou à la bibliothèque, au gymnase, dans la cour de récréation etc... Il travaille 2 fois par semaine avec une éducatrice en locomotion à raison de séances de 30 min. Le travail se concentre sur l'orientation dans l'école mais aussi à l'extérieur; sur l'orientation dans la cafetaria (trouver un siège, porter le plateau d'une seule main, faire la queue...), marcher avec sa classe; marcher dans un grand espace comme le gymnase, etc..  Nous avons toujours considéré la canne comme un accessoire indispensable pour son indépendance. C'est le symbole de sa cécité et de sa liberté, et nous sommes fiers que XXX puisse être responsable de ses mouvements. En fait XXX a toujours eu 2-3 cannes différentes (plus ou moins légères ou avec des embouts différents) à la porte d'entrée, et selon sa destination, il choisit celle qui a sa faveur du moment, la canne fait partie intégrante de lui-même, et il ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui sans elle, c'est à dire (mises à part son intelligence et sa gentillesse), un garçon enjoué, curieux, optimiste, en un mot heureux !"

 

 "Depuis plusieurs années je travaille auprès de jeunes adolescents déficients visuels avec troubles associés. Un de mes soucis actuel est la locomotion. Un professeur et demi de locomotion pour 200 jeunes, et aucune formation pour les éducateurs chargés de l'encadrement journalier des jeunes. J'ai encore soulevé le problème lors d'une réunion d'équipe mais il y a la crainte de mélanger les rôles : les éducateurs et le prof de locomotion. Mais comment apprendre correctement aux jeunes à se déplacer à l'extérieur si nous, adultes, nous n'avons pas la moindre information sur telle ou telle technique (ex traverser une route.) ?"

 

 "Justement, s’il n'y a pas assez d’instructeurs en locomotion pour tous, ne faut-il pas nécessairement confier certaines applications aux collègues pour faire simplement avancer les jeunes plus vite ? Il y a un réel besoin de votre part pour les jeunes et pas vraiment de menaces pour le rôle de chacun... Si on regarde de près, on agit tous dans le même but et chacun a bien sa spécificité. Il y a bien d'autres moyens de spécifier son rôle. Là où je travaille les instructrices ont mis en place un système de cartes de progression (par couleur en fonction des étapes de progressions : 1ère "carte rose" les jeunes peuvent se déplacer seuls sur le trottoir de l'établissement, dernière : "carte blanche" : les jeunes sont autonomes en locomotion). Les jeunes les présentent à la sortie de l'établissement ou aux éducateurs et chacun sait ainsi ce qu'ils savent faire seuls et comment."

 

 "Pour les enfants du centre Braille de Strasbourg que je connais, dont mon fils, la locomotion et l'apprentissage de la canne ont commencé dès 4 ans. Certains enfants mettent plus de temps que d'autres à en voir l'utilité, c'est vrai que pour un petit qui saute partout, c'est contraignant... et même les plus grands ont parfois du mal, je me souviens de mon XXX de 11 ans, revenant du collège tout seul en courant avec la canne en l'air... L’instructrice en locomotion est une personne formidable, en qui nous avons une grande confiance et c'est important quand il s'agit du premier trajet en autonomie dans les rues avec bus et tram. J’ai toujours une appréhension quand XXX 17ans part tout seul, même si je sais que l'apprentissage du trajet et des techniques garantissent sa sécurité. Le fait que ce soit une professionnelle qui ait donné le premier feu vert au trajet tout seul nous a beaucoup rassuré, je crois que sinon on aurait jamais osé, en tout cas pas si tôt."

 


Chien guide

 "Le débat canne - chien a toujours été la source de polémiques sans fin entre tenants de la canne et tenants du chien.(…) Il faut essayer autant que faire ce peu de sortir de cette polémique et admettre que pour certains la canne sera privilégiée et que pour d'autres le chien apportera plus que la canne. (…) La dignité n'est pas affaire de canne ou de chien, c'est une affaire d'être humain. Avant de penser à avoir une canne blanche ou un chien, il faut d'abord penser à "être" et à apprendre à aller vers les autres, les copains, les copines, les adultes les employeurs. Le chien a parfois tendance à servir de lien relationnel alors qu'il ne devrait rester qu'un guide. La canne a parfois tendance à être un symbole, un signal alors qu'elle doit devenir un "outil", un prolongement de la main, du corps, un instrument de perception de l'espace. (…) Le seul point sur lequel j'insisterais si j'avais d'autres enfants maintenant, c'est l'apprentissage de l'autonomie avec la canne blanche. On peut toujours passer au chien après. Commencer par le chien me semble risqué car il est peut être plus difficile de passer à la canne après le chien."


 "
Je ne compte plus les personnes qui s'étonnent de ne pas voir de chien chez nous, pour habituer XXX, parce qu'il faudra bien qu'il en ait un plus tard... En revanche la présence chez nous de la petite canne d'enfant dérange souvent ! Pourtant, c'est la priorité. Ne serait-ce qu'habituer un petit enfant à la présence d'une canne, lui expliquer à quoi elle sert, lui montrer comment les adultes s'en servent, pour qu'il ne prenne pas la canne en grippe le jour où, au moment où il prend conscience de sa différence, on va la lui donner comme un symbole de cette différence."

 


Apprentissage de la marche


 «La première étape est évidemment d'accepter de se mettre debout. Veut-il ou peut-il le faire tout seul ? Si non, vous pouvez l'aider progressivement en lui tenant les 2 mains en le soutenant et en lui expliquant ce que vous faites. Vous pouvez peut-être au début le motiver en lui montrant les bénéfices de la station debout en mettant des bonbons ou un jouet favori dans une position surélevée qu'il ne peut atteindre qu'en étant debout. Le plus important est de lui parler pour lui expliquer qu'il n'a rien à craindre à rester debout, pour l'aider à comprendre ses capacités, pour développer sa confiance en lui. Quand il était tout petit, XXX adorait sauter à pieds joints; nous l'encouragions à le faire en lui tenant les mains sachant que cela lui permettait de développer les muscles indispensables à la marche. On lui avait aussi acheté un trampoline pour qu'il puisse sauter de façon indépendante. D'une façon générale, il est important de favoriser tous les exercices qui peuvent augmenter son tonus musculaire. Une fois qu'il a atteint cette première étape, il faut l'encourager à se mettre debout tout seul en s'aidant du mur, du canapé, des barreaux de son lit etc... Il peut aussi s'aider d'un jouet mobile (camion, caddie...) pour se mettre debout et commencer à marcher. La deuxième étape est de l'encourager à marcher de façon indépendante. Au début il ne voudra marcher sans doute qu'en vous tenant la main, ou en tenant un jouet, un mur etc...Profitez-en pour le faire marcher non seulement à la maison mais aussi à l'extérieur (sur l'herbe, le sable, les cailloux...) pour lui montrer que le sol n'est pas uniforme et aussi pour développer son tonus musculaire. Pour la même raison, vous pouvez aussi courir avec lui en lui tenant la main, l'aider à escalader les jeux du parc de jeu voisin... (...) Dehors, vous pouvez aussi l'encourager à marcher de façon autonome en tenant une corde que vous aurez préalablement attachée entre 2 arbres. La technique de la corde est très utile aussi plus tard pour lui apprendre et l'aider à courir. C'est grâce à cette technique que XXX peut courir avec sa classe pendant les cours de gymnastique.»

 

 «Si XXX n'a pas d'autres handicaps qui puissent le ralentir dans son développement, il n'y a aucune raison qu'il ne puisse pas se mettre debout et marcher à 2 ans et demi. Mon fils, aveugle de naissance, pouvait se mettre debout à l'âge de 8 mois, et savait marcher à l'âge de 1 an. A 2 ans, il était autonome avec sa canne blanche. Il n'y a aucune relation entre la cécité et un retard dans l'apprentissage de la marche. XXX a besoin de beaucoup de stimulations, de motivations. Il faut l'aider à apprécier ses possibilités, il faut lui faire confiance.»

 

 «Pour la position assisse : nouer les extrémités d’un polochon, pour faire un creux dans lequel on peut déposer l’enfant, qui pourra basculer sans se faire mal. Si le creux formé n’est pas assez souple, bourrer la taie de polochon de tissus, ou de kapok léger, ça fera un anneau beaucoup plus souple.»

 

 «Oui c'est super la marche dans le sable surtout pieds nus ! En plus d'être hyper agréable (faire bouger ses petits orteils dans le sable ou enfoncer ses pieds dans le sable pour y retrouver un sable plus humide et frais, et se faire "enliser" jusqu'aux chevilles au bord de l'eau), cela développe le sens podotactile, et l'équilibre de la marche ; il est fortement recommandé d'ailleurs de commencer l'apprentissage de la marche pieds nus pour travailler les fonctions mises en jeu dans l'équilibre (dans le jargon : au niveau cérébelleux).»

 «Pour ce qui est de la tenue assise, XXX était dans un transat avec un portique devant elle sur lequel j'avais accroché des grelots de différentes tailles. Les mouvements de ses mains les faisaient bouger et faisaient donc des sons différents. Elle aimait beaucoup. Sur son tapis de jeux, je la mettais assise en la calant avec des oreillers afin qu'elle ne tombe pas. Pour les autres trucs, elle avait continuellement un poste radio dans sa chambre qui marchait tout le temps. Elle me suivait partout, dans toutes les pièces en fonction de ce que je faisais afin de la familiariser avec les bruits.»

 "Tu peux le guider doucement avec ta main tout en lui parlant et le rassurant. (…) Quand je dis "guider avec la main", ce n'est surtout pas lui prendre la main et le forcer (…) C'est comme si tu forçais un voyant a regarder quelque chose en lui bloquant la tête, brhh, une sensation horrible. Ce que j'avais l'habitude de faire avec XXX, c'était de lui demander de mettre sa paume dans ma paume et je le guidais doucement en lui expliquant ce que je faisais. De la même façon, ne le force pas à mettre sa main dans la tienne, il faut que cela vienne de lui. Tu peux lui poser la question "veux-tu que je te montres ?" Au début s'il est réticent, touches seulement les bouts de ses doigts. Puis si tu vois qu'il aime ce contact, commence à le guider en le rassurant toujours. Quelquefois, la peur vient simplement du fait de l'effet de surprise, de l'inattendu. Il est important que tu mettes ta main toujours en dessous de la sienne car il a comme cela la sensation de contrôler et de pas être contrôlé par toi."

 "Une autre chose que j'avais l'habitude de faire quand XXX a commencé à marcher, c'est de laisser traîner les jouets sur son chemin dans différentes pièces. Cela éveillait sa curiosité et l'incitait à se déplacer pour rechercher d'autres jouets. J'en profitais aussi pour lui apprendre sa direction, comme "à droite, à gauche, devant, en haut etc..."

 "Puisque votre fille sait se tenir debout, j'en profiterais dès maintenant pour lui introduire l'usage de la canne. (…) Au début montrez-lui à quoi elle sert en lui faisant toucher avec elle différents objets ; par exemple, comparez le son qu'émet le mur de la maison avec le frigidaire ou encore une chaise... Puis si vous marchez avec elle en lui tenant la main, tenez ensemble la canne pour qu'elle comprenne que c'est un outil qui lui permet de se déplacer sans danger. Vous pouvez aussi faire des exercices avec elle pour l'inciter à se déplacer une fois qu'elle est debout. Vous pouvez par exemple tenir un torchon avec votre fille. Au début pour la rassurer, vous pouvez tenir le torchon de façon à ce que votre main touche celle de votre fille. Cela pourra la rassurer et aussi lui donnera un soutien important; puis au fil du temps, si vous sentez qu'elle prend de l'assurance, vous pouvez éloigner votre main de celle de XXX. Le soutien deviendra moins important mais elle sera toujours rassurée en sentant votre présence près d'elle. Peu a peu, ce sont des exercices comme celui-ci qui pourront peut-être l'inciter à marcher par elle-même."

 "XXX voulait toujours donner la main pour aller d'un endroit de la maison à un autre, refusant d'essayer seul. Alors on a trouvé un truc : je me mets derrière lui, les 2 mains sur ses épaules, le laissant me conduire. Comme ça, il est rassuré et ça ne l'empêche pas de chercher seul son chemin, qui plus est avec les 2 mains libres."

 

 "Certaines études faites sur les enfants déficients visuels ont montré que ceux-ci ont tendance à marcher plus tard que les enfants non déficients visuels. A quoi est-ce dû ? Certains émettent des hypothèses telles que faute de stimulation visuelle, ils ne sont pas curieux d'aller voir ce qui se passe ailleurs que dans leur environnement proche; ou encore cela serait dû a de la peur."

 

 « Je suis la maman d’une petite fille aveugle de naissance qui a été prise en charge par un institut d’éducation sensoriel dès l’âge de 6 mois. Je vous rassure, ma fille a marché à 18 mois et durant quelques temps elle se protégeait des bosses en tenant toujours un gros truc devant elle. »

 


Divers

 

 «Les enfants aveugles ou malvoyants ont soit des difficultés d'orientation, soit de localisation, soit de représentation, soit 2 ou 3, soit aucun ! D'où vient la difficulté. Tu peux toujours essayer de créer des outils, des exercices qui te permettrons d'observer et évaluer tout ça. Commence par savoir si tes élèves reconnaissent les formes géométriques de base (environ 12) soit visuellement, soit tactilement. S'ils les nomment. Puis s'ils peuvent reconnaître ces formes sous différentes présentations (grandes petites, épaisses minces, etc.). Aborde de suite les volumes, ça parle plus.Quels objets de la vie courante peuvent-ils associer à telle forme, à tel volume ? La manipulation des objets est la clé de la suite, missionne les pour qu'ils ramènent de chez eux par ex.: X ramènera 1 objet rectangulaire, 2 objets ronds, 1 objet cylindrique, etc. Décompose le volume (déconstruire), faire un patron, redécouvrir les formes de base. Aborder les propriétés des formes de base, amène à être capable de décrire ce que l'on voit, touche etc, ce qui t'amènera à travailler du vocabulaire : le vocabulaire de la description avec le vocabulaire spatial. Construire les formes planes : ne pas commencer par le tracer, préférer le Géoplan, avec les élastiques..., puis les baguettes sur plan antidérapant. Toujours verbaliser ses actions, profs comme élèves »

 

 «Puisque XXX n'a pas de difficulté à tenir sa tête, car elle tient assise, sa tenue tête baissée peut être simplement parce qu'elle est tout  "oreille tournée" vers le monde extérieur ! Ce n'est que parce que le bébé a envie de regarder qu'il lève la tête. Quand un enfant est très attentif, il stoppe tout mouvement pour mieux se concentrer sur le bruit entendu et essayer d'en déterminer la cause. Contrairement à l'enfant voyant, il ne va pas chercher à tourner la tête vers le bruit entendu. Pour éviter qu'elle ne prenne trop l'habitude d'avoir la tête baissée, essayez de lui proposer des jeux sonores en hauteur : Quand elle est assise, que ce soit dans sa chaise haute ou à terre, installez devant elle mais légèrement en hauteur, des objets bruyants (guirlande  de perles, boites à musiques, grelots... ) qu'elle peut agiter si elle lève les mains (vous pouvez utiliser un portant pour y mettre les vêtements). Vous pouvez aussi jouer avec elle à produire des grands gestes avec  ses bras (grands moulins... ) en le faisant à deux, afin de l'aider à investir l'espace."

 

 «A tester très précocement, et à travailler en 1er, le vocabulaire spatial, les capacités d'analyse verbale du toucher. Si certains ne sont pas au point, reprendre les notions, en y associant le corps : ma tête en haut vers le ciel, mes pieds en bas vers le sol (localisation, direction), même chose pour les bras mais le bras est mobile, il répondra aux consignes type : mon bras est à l'horizontale et pointe vers devant tandis que mon avant bras est à la verticale...»

 "Pour la géométrie, le pliage qui donne des traits que l'on peut toucher est un médiateur entre le pédagogique et le ludique."


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