Groupe de discussion

Ecole spécialisée ou scolarisation en école ordinaire


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Extraits des discussions :

Choix de scolarisation

 «Nous avons envisagé l'intégration de XXX, actuellement 17 ans, en classe de terminale S, section Abibac, alors qu'il était en CE1. A l'époque c'était un peu plus compliqué que maintenant et nous avons mis une année à obtenir l'accord de tous les intervenants. Nous avions souhaité pour commencer une intégration "partielle", c a d, une journée, le vendredi, à l'école du village, le reste du temps,XXX fréquentait l'Institut. Avec le recul, XXX dit que c'était une bonne chose, car il a été mis en douceur en contact avec des classes à effectif élevé (plus de 30). But de l'opération : s'habituer au monde des voyants, connaître les enfants de son âge du secteur, enfants qu'il a fréquentés par la suite au collège. XXX n'a intégré le milieu ordinaire à temps complet qu'en 6ème, tout s'est très bien déroulé. Si c'était à refaire, nous referions le même choix, car l'enseignant CM1/CM2 du village était peu coopérant et compliquait la vie de XXX. Nous voulions absolument intégrer XXX DANS LE VILLAGE, et non pas ailleurs, où il aurait éventuellement été accepté à temps complet, car à ce compte là ce n'était plus une intégration pour nous. Je crois que c'est Françoise Dolto a dit qu'il valait mieux pour l'enfant qu'il fréquente une école moins bonne et rencontre les enfants de l'école dans la rue, plutôt qu'il fréquente une super école éloignée du domicile.»

 "Les écoles spécialisées ont énormément évolué. Elles s'ouvrent au monde, aux nouvelles technologies.(…) Le passage en structure spécialisée est bon pour l'enfant notamment pour bénéficier des apprentissages indispensables à une autonomie comme le braille, la locomotion... Seules les institutions spécialisées offrent ce genre de service. Ceci dit, il est vrai qu'il ne faut pas rester trop longtemps dans ce système, car plus on reste, plus il existe un décalage entre les deux milieux. Et plus le décalage est grand, plus l'intégration devient difficile et nécessite un soutien psychologique (…).L'intégration sociale est notre seule avenir. Et elle commence par l'apprentissage de l'autonomie dans le milieu scolaire.(…) Je dirais au moment du collège. (…) Je crois qu'il vaut mieux commencer l'intégration par des activités extra-scolaires, soit par ce qui fait plaisir avant de le faire pour ce qui fait moins plaisir et où les enjeux sont considérables."

 "A deux ans 1/2, on peut s'épanouir autrement qu'à l'école, mais dans le cas d'un enfant avec handicap, je pense qu'une 1ère année, à cet âge, en douceur (quelques matinées) peut éviter des pertes de temps si on choisit la voie ordinaire (intégration individuelle). On peut dire que c'est une année d'adaptation pour l'enseignant, l'école, les enfants et l'enfant concerné. Une année de mise au point mutuelle, sans pression concernant les acquisitions, puisque le but sera : la socialisation et le respect des consignes. Et surtout pas à temps plein. Ceci fait, l'enfant entame, l'année suivante, une rentrée en petite section avec des objectifs précis, des demandes et des besoins précis aussi, les contours sont moins flous."

 "Ma fille a été scolarisée deux années en maternelle et cela c'est plus ou moins bien passé. J'ai absolument tenu à ce qu'elle soit scolarisée car il n'y avait pas de raison pour que ce soit autrement ! Il a donc fallu prendre des RDV avec la directrice qui, au démarrage, refusait car elle ne savait pas ce qu'elle allait faire avec ma fille. D'après une certaine catégorie de "voyants", des enfants déficients visuels ne peuvent rien faire mise à part écouter des histoires et de la musique....... J'ai donc remué toutes les instances, mairie, CDES, FCPE etc... et ma fille a pu aller à l'école "comme les autres". L'investissement des enseignantes a été plus flagrant la deuxième année. Elles étaient plus impliquées, plus conscientes du handicap. Je ne peux pas dire qu'elles se soient adaptées au rythme de XXX. Lorsqu'une activité ne pouvait être pratiquée par XXX, elle allait avec son "aide à l'intégration" dans une autre pièce (pour ne pas dire le local à balais) et elle comptait des pions qu'elle mettait dans une boîte (c'est une anecdote parmi tant d'autres). XXX a tout de même tiré profit de ces deux années, elle a été scolarisée et sait ce que c'est que la vie en collectivité."

 " Cela dit, si c’était à refaire, et s’il y avait des maternelles pour déficient visuels, je choisirais peut-être ce type d’établissement. L’inclusion à tout prix dans une classe ordinaire ne se fait pas sans casse, surtout si c’est à la force du poignet. Il me semble que nos enfants ont besoin de ne pas toujours être obligés de faire comme les autres, même si c’est parfois la condition de leur bien-être en milieu ordinaire. Le fait d’être des enfants pas ordinaires n’accompagne pas obligatoirement le fait de vouloir l’être (ordinaire)."

 " Les enfants voyants commencent à acquérir des notions de lecture / écriture très tôt, seuls, simplement parce qu'ils ont l'occasion quotidiennement de rencontrer de l'écrit partout : dans la rue, sur les paquets alimentaires, dans les livres, etc... Même si à l'école, cet apprentissage débute en GS (début du cycle 1), en réalité, les enfants à 5 ans sont loin d'être "vierges" dans ce domaine. Comme un enfant aveugle ne baigne pas naturellement dans une culture de l'écrit, il nous semblait évident que des supports, un apprentissage spécifiques devaient être prévus pour eux. Or, en la matière, c'est, pour nous en tous cas, le désert absolu ! Les professionnels dont nous attendions de l'aide sont sans réponse, si ce n'est celle de nier l'évidence en prétendant que rien n'est souhaitable avant le CP, classe où "tous les enfants apprennent à lire"... Nous ne croyons pas une seconde à cet argument ; pour nous, c'est une façon de faire l'autruche et de masquer l'absence totale de ressources humaines et matérielles dans ce domaine."

 "L’intégration de mon fils se fait très doucement. Il a 4 ans. (…) Il va à la maternelle depuis début novembre une demi heure par semaine. Après les vacances de Noël il ira 1 heure par semaine. Il ne comprend pas pourquoi il n'y va pas plus. Nous aimerions qu'il y aille plus pour être comme les autres et pouvoir se socialiser avec les autres enfants de son âge mais il n'y a pas assez de personnel : la psychomotricienne est à mi-temps et il est dans une classe de 27 enfants. J'ai fait la demande auprès de la ccpe d 'une auxiliaire de vie scolaire individuelle, j'espère que cela va aboutir. (…) Quand il sera à l'école, il pourra s'épanouir d'avantage et moi je pourrai me reposer un peu car ce n'est pas évident moralement et physiquement, il n'y a pas d'entourage pour nous aider."

 "Ma fille est depuis cette année en école spécialisée pour enfants déficients visuels, après avoir eu un cursus ordinaire dans une école ordinaire, avec des maîtresses extraordinaires. Il n’empêche que je suis très contente de sa place dans une école spécialisée, où elle est avec d’autres enfants pas ordinaires, dont elle partage les préoccupations, les besoins, les problèmes, et la joie de vivre aussi. Je dirais que je sens ma fille plus à l’aise, l’effectif est petit, pas de pression hormis celle des acquisitions, bien sûr, mais pas cette pression que je ressentais très vive de faire « comme les autres ». Elle ne se replie absolument pas sur elle-même, continue à avoir les mêmes rapports qu’auparavant avec les autres enfants, mais avec un petit plus : elle fait partie d’un groupe, alors qu’avant, elle était intégrée dans un groupe, de façon pas toujours délicate, puisqu’en intégration individuelle. (…) Je voyais une école spécialisée comme « une passe », je l’envisage maintenant autrement, mais bien sûr, si ma fille veut retourner un jour en milieu ordinaire, nous l’accompagnerons évidemment dans cette décision…"

 "Le problème maintenant est qu'il accepterait de rester la matinée entière et malheureusement à cause de l'emploi du temps de la jeune fille qui s'occupe de lui (elle s'occupe de l'informatique à l'école ), nous ne pouvons le laisser car la maîtresse refuse totalement de le prendre sans aide d'une tierce personne."

 "Il faut cependant veiller si l'on opte pour l'intégration à ce que l'enfant soit suffisamment stimulé au niveau de l'autonomie car les enfants ordinaires et le personnel non spécialisé ont parfois tendance à materner beaucoup les enfants handicapés. Est-il considéré comme les autres enfants, invité par les copains lors des anniversaires ou autres ; ou bien est-il laissé un peu de coté ? Il est important aussi qu'à des moments il soit en rapport avec des enfants qui ont les mêmes difficultés que lui pour qu'il puisse se rendre compte qu'il n'est pas seul dans son cas. L'idéal étant qu'il puisse être suivi par un bon SAAAIS qui joue bien le jeu de l'intégration et organise des regroupements. Il ne faut pas tout de même pas jouer l'intégration à tout prix car dans ce cas la première victime c'est l'enfant. Il faut lui permettre s'il en a besoin de souffler et se ressourcer dans un établissement spécialisé. Ce passage peut être provisoire et permettre à l'enfant d'acquérir rapidement les outils nécessaires pour pouvoir repartir sereinement en intégration

 "Lorsque cela est possible, il faut tout faire pour favoriser cette intégration : n'oublions pas que nos enfants vivent dans un monde de voyants, il ne faut donc pas attendre pour y les confronter. En revanche, il faut de la souplesse et une adaptation au cas par cas, si possible ! Notre fils de 3 ans, aveugle, est rentré en petite section cette année : 1 h 30 tous les matins, accompagné par une éducatrice. Il a fait d'énormes progrès au contact des autres (motricité globale, écoute, alimentation, découverte du monde, socialisation...). On est maintenant à : 2 matinées complètes et 2 demi-matinées toujours accompagné et le samedi bientôt seul ! Il faut dire que ce qui pose problème c'est la présence d'une tierce-personne - difficile à obtenir- : les enseignants ont des craintes, surtout lorsqu'ils ne connaissent pas l'handicap. Certaines de ces craintes semblent justifiées: dangers en récréation... Mais surtout, l'intégration est bénéfique aux autres: aucune difficulté avec ses camarades. Il profite même des stratégies mises en place pour lui (musique). Mais il y a tout de même des difficultés: les pré-requis du braille ne sont pas les mêmes que ceux du noir : comment concilier le tout ? Si l'enfant fait un exercice et tous les autres élèves de la classe un autre, est-ce de l'intégration ?"

 "Intégration cela veut dire aussi qu'il faut leur donner tous les moyens pour que cela soit une réussite. C'est à dire du braille quand l'enfant ne peut pas lire en noir, une canne quand l'enfant a du mal à s'orienter. Je peux dire que l'intégration de mon fils en CP est une totale réussite, car il a en même temps que ses pairs (et c'est très important d'insister sur le "en même temps") tout le matériel adapté qui lui permet de participer pleinement. Par exemple quand les enfants étudient des mots écrits au tableau, la maîtresse donne à XXX les mêmes mots écrits en braille sur une carte. Cela nécessite une grande collaboration entre l'enseignante "ordinaire" et l'enseignante spécialisée. Et c'est notre rôle de parents de faciliter cette collaboration en informant, en aidant etc... XXX reçoit 1-2 heures par jour d'enseignement en braille en dehors de la classe avec une enseignante spécialisée. Certains peuvent argumenter que l'intégration n'est donc pas totale. Nous pensons que cela marche bien comme cela car cela lui permet de se concentrer sur des points spécifiques au braille comme l'utilisation d'abréviations, comme l'utilisation de matériel technologique spécifique aux personnes déficientes visuelles etc... honnêtement je ne pense pas que cela pourrait entre enseigné autrement qu'hors de la classe."

 "L'intégration scolaire en milieu ordinaire ne gomme pas la différence, elle la révèle au contraire, dans le sens d'un enrichissement mutuel."

 "Il peut être parfois préférable de favoriser le développement de cet enfant en milieu spécialisé plutôt que de s'acharner à vouloir l'intégrer en milieu ordinaire. Cette démarche est malheureusement trop souvent une méthode thérapeutique (dangereuse en l'occurrence) pour que les parents ''gèrent'' leur anxiété face à la différence qui semble moins marquée si l'enfant est intégré en milieu ordinaire."

Ecoles privées, ou de pédagogie différentes

 "En France, il existe aussi quelques écoles Steiner, du Jardin d'Enfants jusque vers le bac. A ma connaissance, les jeunes qui veulent vraiment continuer dans cette voie vont par la suite fréquenter des écoles Steiner en Allemagne, du moins dans notre région (l'Alsace). XXX a fréquenté le Jardin d'Enfants Steiner de Strasbourg pendant 3 ans. A l'époque, on ne parlait pas encore d'intégration chez nous, pourtant XXX a été tout naturellement intégré dans la classe - une vingtaine d'enfants de 3 à 6 ans, dont chaque année 2 handicapés. XXX a fréquenté cette école car aucune école de notre secteur n'avait accepté de scolariser le petit aveugle, les parents d'élèves ayant même menacé de faire une pétition au cas où... Nous sommes heureux que XXX ait pu fréquenter Steiner, c'est une école formidable.»

 "Avec notre fils XXX, 3 ans et demi, malvoyant et futur brailliste ; nous avions initialement envisagé une maternelle privée car nous trouvions que les effectifs en classe et surtout en cours de récré était trop important en maternelle publique. Nous avons eu la surprise de constater que les écoles privées ont le même impératif d'effectif (28 à 30 ou plus). (…) Sur les conseils du service de l'aide aux familles et également avec les conseils précieux de l'équipe de halte garderie ou XXX allait 3 fois par semaine, nous avons opté pour une école Montessori. (…) Je trouve le matériel éducatif assez bien adapté aux malvoyants et les effectifs sont d'une vingtaine d'enfants (sections confondues) pour 2 éducatrices + 1 assistante. Bien sur, il n'y a pas de Montessori à tous les coins de rue et les frais de scolarité ne sont pas donnés."l

 "Les écoles privées se font plus "un devoir d'accueil" de l'enfant porteur de handicap que les autres, d'après mon expérience (j'ai moi aussi essuyé un refus de la part de l'institutrice de l'école de quartier, j'ai quelques autres exemples en tête). Cela n'a rien à voir après avec la prise en charge (meilleure, moins bonne), c'est juste une notion d'accueil et d'ouverture."

 "La méthode MONTESSORI doit être adaptée et dispensée par du personnel formé à l'handicap visuel pour porter tous ses fruits! par exemple : chaque enfant doit choisir son activité mais s'il ne voit pas et n'a pas conscience de ce qui l'entoure comment peut-il faire ?"

 "Notre expérience de l'école Montessori a été très positive. La philosophie de ce programme est le respect des différences de chaque enfant et le développement des interactions entre les enfants. L'enfant apprend directement à partir de ce qui l'entoure ou des autres enfants plus que de l'enseignant. L'enfant apprend donc a apprendre tout seul ce qui est un élément très important pour nos enfants qui doivent devenir absolument autonome. C'est cette expérience qui a permis a notre fils d'être intégré maintenant au CP dans notre école du quartier. Et avec les adaptations adéquates (braille, canne, etc...), son intégration est pour l'instant un succès."

 "XXX a été en maternelle dans une école Montessori parce que nous avions pensé qu'il pourrait bénéficier du système d'enseignement élaboré dans ces écoles, non pas en tant qu'aveugle, mais en tant qu'élève tout court. Le résultat a été positif parce qu'il recevait en plus de l'enseignement Montessori, les services d'une enseignante spécialisée dans la déficience visuelle, qui venait travailler avec lui en individuel 3 fois par semaine, à raison de sessions d'1 heure. De plus les enseignants Montessori avaient des réunions réguliers avec cette enseignante. Le système Montessori n'est pas nécessairement le système idéal pour les enfants déficients visuels puisqu'il n'a pas été conçu pour eux en particulier; ce qui est important c'est la bonne volonté, l'enthousiasme et le professionnalisme des enseignants, quelle que soit l'école dans laquelle ils enseignent. Il faut aussi insister sur leur désir de collaborer avec les parents et d'autres professionnels, sur leur honnêteté à dire "je ne sais pas comment faire mais je veux apprendre".


Relations avec les parents

 "Quand XXX avait commencé la maternelle, j'avais mis en place un cahier de communication qui le suivait partout dans son cartable. J'y inscrivais régulièrement les différentes activités pratiquées à la maison, les réussites et les échecs ; de la même façon les enseignants me tenaient au courant des activités scolaires, me demandaient de travailler à la maison sur tel domaine présentant problèmes. Bref cela permettait de maintenir une discussion suivie entre tous les partenaires (il n'est pas toujours évident de discuter avec les maîtresses à la fin des classes) et aussi cela permettait de prendre du recul, d'évaluer les besoins, et bien sûr en tant que parent, de participer pleinement à l'éducation de son enfant. Il est important de se rappeler que la pratique de certaines activités spécialisées ne doit pas s'arrêter à la porte de l'école, mais au contraire doit être renforcée à la maison. C'est pourquoi il est utile de créer des bonnes relations de confiance entre les "spécialistes" et les parents afin de travailler en harmonie.»

 "Mon fils a fréquenté durant 4 ans un institut d'enseignement spécialisé et j'étais secrétaire de l'association de parents dans cette école. Les parents présents ne se comptaient que sur les doigts d'une main, malgré toute l'importance de ces réunions, car c'était justement un lieu d'échanges entre le directeur de l'école, le responsable de Centre Medico Social, et les parents

 "Nous avions nous-mêmes constaté le désintérêt de certains parents, qui confient totalement l'éducation de leur enfant aux "spécialistes". Nous avons assisté à des assemblées générales d'associations de parents d'enfants déficients visuels qui ont été reportées pour cause de quorum non atteint. Des réunions sont aussi organisées par notre SAAAIS, auxquelles beaucoup de parents ne viennent pas.»

 "Je travaille auprès d'ados déficients visuels avec handicaps associés dans un établissement spécialisé et je peux vous dire que ce n'est pas toujours facile. Il y a des parents que je ne vois qu'une fois par an, à la rentrée. Pourtant des réunions de parents sont organisées tous les trimestres, en plus de la réunion pour le Projet Individuel et la possibilité de venir ou de téléphoner quand les parents le désirent. Je dois dire qu'à ce jour, le travail éducatif devient de plus en plus difficile.(…) Je ne vous parle pas des circulaires que certaines personnes écrivent dans leur bureau sans se soucier des retombées sur le terrain. Ex : interdiction d'utiliser des oeufs coquilles en atelier cuisine. Il faut prendre des oeufs liquides. Bravo! ces jeunes ne peuvent plus apprendre à se faire cuire un oeuf, ni avoir le plaisir de confectionner un gâteau pour célébrer une fête. Mon travail est de préparer les jeunes à un maximum d'autonomie. Si une maman sait où je peux acheter dans un commerce de "Monsieur tout le monde" des oeufs en pack, qu'elle me donne l'adresse. Nous avons eu l'autorisation d'utiliser encore les oeufs coquilles pour les apprentissages mais il faut jeter à la poubelle le plat fini. (…) Les éducateurs font en général ce qu'ils peuvent avec les moyens du bord et je regrette que les parents ne s'investissent pas plus pour défendre les conditions dans lesquels vivent leurs enfants parfois de l'âge de 3 ans à leur fin de vie.»

 "Demander à un professionnel ce qu'il fait avec les enfants dont il s'occupe, c'EST UN DROIT DES PLUS ABSOLU DES PARENTS , c'est formalisé d'ailleurs par la loi de 02/ 01/ 02, les parents signent et se portent caution du projet construit pour leur enfant ce qui sous-entend de toute évidence que vous soyez pleinement au courant de ce qu'ils font avec lui. Vous avez le droit d'être exigeants ainsi on verra des gens qui obligés de rendre des comptes iront plus vers la démarche de qualité (formation, lectures, recherches Internet etc. ...) » "Je vous rappelle que les services de S3AIS sont également habilités à suivre vos enfants dans les écoles privées et qu'ils peuvent aider les enseignants d'accueil"

Services d'aide

 "Depuis 30 à 40 ans ce sont les parents qui ont réussi à faire créer des établissements pour que leurs enfants accèdent à l'autonomie, à l'intégration scolaire puis professionnelle, mais la politique actuelle envers la santé et le handicap me paraît orientée vers les économies au lieu de répondre réellement aux besoins des personnes. Un service d'intégration pour aveugles et malvoyants où je travaille, où j'ai vu les enfants progresser, certains être tirés de graves troubles du développement, avec la motivation, la rigueur, la compétence de mes collègues, est en grand danger de disparition. Il coûtera moins cher au gouvernement s'il ferme. (…) Je voulais vous informer, vous parents, pour vous appeler à la vigilance et à ne pas laisser détruire ce qui est au service de vos enfants, construit par des parents comme vous."

 "Le SESSAD est apte à intervenir même dans l'enseignement privé. (…) Concernant le département, les textes disent que l'on peut intervenir soit parce que la famille habite le département soit parce que l'enfant va à l'école sur ce département. Nous suivons des enfants habitant d'autres départements et nous suivons aussi des enfants allant à l'école dans un autre département."

 "Une formation "basse vision": 15000 francs, une spécialisation AVJiste ou locomotion: 65000 francs en France, cela fait trois ans que je demande une formation que l'on me refuse parce que je serai absente de mon lieu de travail et que cela n'est pas prévu dans le budget de l'établissement. Nous voyons les médecins 1h par mois, je dois faire la démarche et je la fais dans la majeure partie des cas (et j'ai trois heures par semaine pour faire des comptes rendus, consulter des dossiers, préparer des réunions) de consulter les dossiers dans lesquels on a rien de médical ou très peu ... cause "secret", les parents aussi sont encore trop souvent méfiants pour nous livrer ce qu'ils savent. Si je veux en savoir plus je prends le temps nécessaire sur un temps non rémunéré ... heureusement que ma vie privé me permet encore de le faire... C'est le cas pour beaucoup puisque les employeurs préfèrent les petits jeunes, c'est moins cher même s'ils ne savent pas grand chose."

 "Nous habitons aux Etats-Unis. (…). Mon fils XXX, totalement aveugle depuis la naissance, est intégré en milieu ordinaire depuis la maternelle. Il a maintenant 6 ans et il est en CE1 dans l'école publique de notre quartier. Depuis sa naissance, il est accompagné par une enseignante spécialisée pour la déficience visuelle et par une enseignante spécialisée en mobilité d'abord à la maison puis depuis qu'il va à l'école, dans sa classe. Depuis le CP, il bénéficie aussi d'une aide a plein temps."

 "L'intégration scolaire s'appuie souvent sur une sur-éducation que l'on essaie de fournir (école, rééducation orthoptiste, psychomotrice AVJ etc). Ce sur-investissement des enseignants, des structures de rééducation et de nous, parents, restreint parfois beaucoup trop l'espace de liberté auquel tout enfant a droit. Il faut absolument laisser aux enfants du temps libre pour qu'ils puissent jouer, se reposer, ne rien faire."

 "Mon fils de 5 ans, aveugle, est en école maternelle pour voyants, accompagné par un instituteur spécialisé 3x1/2 journées/semaine + une psychomotricienne 1/2 journée par semaine."

 "XXX, 5 ans, est en grande section dans une maternelle "normale" avec 2 petites filles malvoyantes aussi dans la même classe, mais il est le seul futur brailliste. ils sont suivis par une éducatrice spécialisée à plein temps, ce que je trouve beaucoup trop, mais c'était la condition de la maîtresse pour accueillir ces trois enfants DV cette année. (…) L'apprentissage de la lecture est forcément très différent pour les voyants, surtout avec les méthodes semi-globales . cette maîtresse utilise beaucoup le visuel dans sa classe (photographie de mots en face d'une image par ex.) et tout cela n'est pas accessible aux trois enfants DV. L'éducatrice spécialisée essaie de trouver des moyens de parvenir aux mêmes objectifs que la maîtresse. Ce n'est pas toujours évident, mais l'intégration pour les autres moments de la journée est largement positive."

 "Il existe des enseignants spécialisés dans la déficience visuelle et si la CCPE accepte une intégration il faudra bien que l'enfant non-voyant ait affaire à cet enseignant ; l'apprentissage du braille n'utilise pas les mêmes méthodes que l'apprentissage de la lecture actuelle. On utilise la méthode ancienne comme P et A font pa.....et l'enfant ne peut pas uniquement apprendre l'alphabet braille puis suivre un cours de CP classique comme les enfants voyants. Quant à accepter un adulte dans votre classe certains enseignants pourront vous dire que c'est tout à fait réalisable c'est un travail d'équipe pour l'enfant non-voyant, dans l'intérêt de l'enfant. Et que leur expérience est la plupart du temps enrichissante. Ne croyez pas qu'un adulte ayant le BAFA pourra remplacer l'enseignant spécialisé. Vous pourrez sûrement demander un auxiliaire d'intégration mais celui-ci ne remplacera pas l'enseignant spécialisé indispensable pour l'apprentissage de la lecture."

 "Une intégration avec le soutien à 100% d'une AVS n'est pas une avancée vers l'autonomie. L'enfant apprendra à être assisté, c'est le monde à l'envers."

 "Les académies refusent les personnes bénévoles pour tenir le rôle d'AVS, ce qui peut se concevoir (pb de responsabilité). (…) Avant d'être incapable de faire des choses, un enfant est capable d'en faire plein d'autres. Un enfant, ce n'est pas qu'une liste de choses qu'il ne peut pas faire, c'est aussi tout ce qu'il est en capacité d'apprendre à faire."

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