Groupe de discussion

Braille

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 Extraits des discussions : 

Apprentissage du braille

 «Nous avions parlé de créer des cartes alphabets ou mots en braille et nous nous étions posé la question de savoir comment indiquer le bas du haut. En fait, il y a une norme, apparemment évidente pour les initiés mais qui n'est indiquée nulle part : le coin supérieur gauche est coupé en biais (là où se place l'index gauche quand on tient une fiche par exemple... et qu'on est droitier).»

 "Pour les enfants, on peut aussi faire une ligne de points 3-6 en haut de la fiche. C'est plus facile a identifier que de découper la-dite fiche dans le coin supérieur.»

 "L’institutrice spécialisée de XXX (aveugle, 4 ans) utilise un système ludique: elle prend une boite (type boite à oeufs ou à glaçons avec 6 trous) : c'est le bonhomme braille. Il a 2 épaules, 2 hanches et 2 pieds. Comme XXX connaît bien droite et gauche, il apprend les lettres en remplissant la boite (à la maison, on fait la même chose avec des oeufs Kinder vides et une boite sur laquelle je me suis amusée à faire une tête) : ainsi le A c'est épaule gauche... (…) Elle utilise aussi des lettres en bois et maintenant XXX lit des lettres et des syllabes tapées à la Perkins. En revanche, il ne connaît pas encore toutes les lettres. Elle les introduit progressivement selon un ordre logique (a, é, l,...). A la maison, XXX a des livres en braille et on utilise la dymo pour marquer les jeux, etc... On a surtout beaucoup joué avec les mots (dans "papa" on entend le son a...; dire 5 mots avec le son ou...) : il a une bonne discrimination auditive des lettres et les associe (n et u cela fait nu...)."

 "XXX a 5 ans, il est aveugle et en classe de maternelle grande section dans une école publique pour enfants voyants. Il fait son apprentissage de la lecture au même titre que ses camarades. Prénom - Nom de famille - Alphabet - Etc...  Il travaille pour l'instant sur une Perkins. Il sait ecrire et lire son prénom en braille et quelques autres lettres de l'alphabet. Il connait aussi le dessin en noir des autres lettres (…) il sait aussi reconnaitre au toucher les lettres en noir (sur un jeu de scrabble par exemple)."

 "Les enfants en pré-CP et CP dans le centre où je travaille suivent une méthode propre au braille. En effet cette méthode vise à éduquer en même temps la perception des points et de leur organisation spatiale. Les techniques de lecture et d'écriture sont très précises. Par exemple l'apprentissage débute par les lettres A, L, é. (petit point, grand bâton, gros pâté), G (petit pâté), etc ... Les CP commencent par apprendre l'écriture avec la tablette et le poinçon. Il est nécessaire d'avoir la bonne préhension  / position des doigts sur le poinçon. D'autre part, il faut que la coordination des deux mains soit en place. Les enfants apprennent d'abord à se repèrer dans une page et suivre des lignes horizontales avec les doigts (deux index)."

 "J'ai repris le livre de Nathalie LEWI-DUMONT : l'apprentissage de la lecture chez les enfants aveugles : difficultés et évolution des compétences. Elle parle des différents critères évoqués pour déterminer le degré de facilité de lecture des lettres ; seraient ainsi + vite reconnus :

  • les caractères dont les points se trouvent dans les rangées du haut (vérifié au tachistotactomètre, ça ne s'invente pas !)
  • les caractères en forme de lignes droites et de rectangles : b, c, l, é, g, x
  • les caractères fréquemment rencontrés
  • les caractères qui se distinguent nettement des autres, par ex. le a
    Une personne travaillant dans un centre spécialisé m'a également dit qu'elle pensait plus naturel de reconnaître un caractère en repérant les points manquants (à partir du "é") plutôt que les points présents. Nathalie Lewi-Dumont ajoute d'autres critères retenus par les méthodes :
  • prendre en compte le besoin rapide de connaître les voyelles pour former des sons
  • ne pas apprendre tout de suite des lettres symétriques : e/i, d/f,... pour éviter les confusions, ou au contraire les apprendre 2 par 2
  • ne pas apprendre tout de suite les lettres qui se prononcent de plusieurs façon : g, c"

     

    Utilisation du braille

     «L'enfant qui naît aveugle n'est jamais sollicité par l'écrit, contrairement à l'enfant né voyant qui en est "bombardé" : affluence de livres et d'albums illustrés, tracts et panneaux publicitaires, étiquettes de produits divers .... Pour donner envie à nos enfants d'accéder à la lecture, et par là même, s'ouvrir au monde, il leur faut des livres adaptés. Mais des livres de qualité, qu'ils auront envie de toucher, avec des illustrations tactiles mais aussi du braille (sans fautes) pour les amener petit à petit à lire ... Le livre audio est un outil plus facile à trouver que le livre tactile mais il a ses inconvénients pour l'enfant aveugle. Quand XXX a eu l'âge d'apprendre à lire, nous avons cru à un "blocage" pour la lecture. Il savait son alphabet, arrivait à lire quelques phrases quand il le voulait, mais n'avançait pas. Un jour, un peu exaspérée, je me suis fâchée. XXX m'a répondu "mais maman, pourquoi je me fatiguerais à lire, tu n'as qu'à me mettre une cassette...". Nous avons changé d'attitude : moins de livres audio et plus de livres tactiles. Maintenant, c'est un bon lecteur, il aime la qualité. Les livres ou les transcriptions où il manque des mots, où il y a des fautes d'orthographes ou de transcriptions le gêne beaucoup. Quand il lit, il ne s'arrête pas à l'histoire, il aime les mots, le vocabulaire, l'orthographe ... s'il y a des fautes, rien de va plus ! De plus, il est sensible à la qualité de la mise en page, à la reliure, à la qualité du papier. Nos enfants ont le droit d'avoir des livres de qualité et nous ne devons pas nous satisfaire d’ouvrages médiocres sous prétexte qu’ils sont réalisés par des bénévoles.»

     "On ne peut être systématique. Un enfant ou un adolescent doit pouvoir s'habituer à utiliser tous les moyens mis à sa disposition. Lorsqu'il sera dans un milieu de travail, on ne se préoccupera pas de savoir s'il a accédé à l'information par l'écrit ou par l'audio ou encore en utilisant les services d'un ou une lectrice. On lui demandera simplement d'avoir accédé à l'information. IL faut donc qu'il prenne l'habitude, d'utiliser le moyen qui lui apporte l'information rapidement à un moment donné. si c'est l'audio il utilisera l'audio, si c’est le Braille il utilisera le Braille etc... Si c'est plus rapide et efficace d'apprendre l'abrégé allemand qui selon les germanistes n'est pas très élaboré, il faudra apprendre l'abrégé allemand. Pour un examen, si cela est mieux d'utiliser son ordinateur personnel il utilisera son ordinateur personnel, si cela est plus pratique d'avoir les services d'un secrétariat, va pour le secrétariat. Je suis forcément d'accord pour toute démarche permettant de faire progresser l'édition adaptée mais celle ci de toute façon ne sera jamais suffisante. Il faut donc le plus souvent être réaliste et utiliser à fond ce que l'on a sous la main."

     

     "L'argument selon lequel la synthèse vocale convient à tout le monde y compris aux braillistes revient à raréfier encore plus le braille, voire à décréter qu'il est voué à disparaître bientôt, et c'est dangereux. Pour les enfants d'abord, qui s'ils n'ont pas accès à la grammaire, à l'orthographe, à la structure de la phrase, ne sont pas très différents des analphabètes ; si on ne "raisonne" que phonétiquement, même la structure du cerveau, l'accès à la logique, la compréhension des concepts, s'en trouve modifiée, et pas en bien ! Pour les adultes, à force de ne plus lire, il y a aussi le risque d'oublier. Dans les listes de discussion de DV, il est très fréquent de lire des expressions dont les mots ne sont pas coupés au bon endroit, comme "entends utile", "la vie de passage", etc... Il y en a même qui écrivent en fonction de la façon dont la synthèse vocale va prononcer, au point que sans synthèse vocale on ne peut parfois même pas comprendre ce qui est écrit !"

     "Le livre-audio, plus facile à trouver dans le commerce que le livre braille, ne peut être qu'un complément, à mon avis. (…). La question de l'acquisition de l'orthographe est, elle aussi, primordiale : rien ne pourra jamais remplacer la lecture des mots pour en mémoriser l'orthographe, encore faut-il qu'elle puisse être répétée pour avoir le temps d'être mémorisée, d'où l'importance de la multiplication des livres proposés et qu'ils soient de qualité."

     

     "J'étais convaincue qu'il fallait se méfier des livres sonores qui pouvaient représenter la facilité et détourner l'enfant de la lecture en braille. Et puis je me rends compte que XXX, qui écoute énormément d'histoires, continue à lire spontanément et avec autant de plaisir, j'ai même l'impression que les deux activités s'encouragent mutuellement."

     

     "C'est plus commode pour les voyants de lire du noir que du braille. Et c'est comme ça qu'on maintient des enfants à écrire "en noir" et qu'on leur fait perdre leur temps. Et partout, des enfants avec un tout petit peu de vision, qui essaient de suivre "en noir", parfois avec une police de 72. Ils sont même parfois étiquetés "paresseux", parce qu'ils ne finissent jamais leur travail. Une langue s'écrit et se lit. Et ça ne sert à rien de faire faire du braille une heure par semaine à un enfant."

     

     "Et puis on peut aussi parler de l'apprentissage du braille en maternelle, des petits livres impossibles à trouver, mis à part les "Doigts Qui Rêvent" qui sont menacés de fermeture... et du bricolage obligatoire par les familles, les services, quand ils existent..."

     "Il existe 2 types de braille : le braille standard et le braille dit jumbo (agrandi). Ce dernier est utilisé surtout avec des personnes aveugles tardives ou bien des personnes qui ont des difficultés cognitives. Le braille standard est en effet celui qui est utilisé parce que l'expérience a montré qu'il était le seul système qui permettait à des lecteurs aveugles de lire un texte avec une vitesse comparable à celle d'un lecteur voyant. C'est son inventeur, Louis Braille, qui a montré que grâce à l'espacement rationnellement limité entre les points, le lecteur pouvait entièrement reconnaître un caractère en le recouvrant entièrement de la pulpe de son index."

     

     

    Prébraille/découverte de la lecture

     "Les enfants voyants lisent et écrivent bien avant le CP ! Dès 2-3 ans, ils acquièrent des bases de lecture et d'écriture. Lorsqu'ils entrent au CP, ils ont déjà une longue expérience de la lecture et de l'écriture. Il ne s'agit pas de l'initiation proposée à la maternelle, encore moins de cours «maison » dispensés par des parents ou des grands-parents pressés de faire prendre de l'avance à leur progéniture. Il s'agit simplement des contacts quotidiens avec les écrits qui nous entourent. Journaux, livres, affiches, emballages alimentaires délivrent des messages que les bambins, dès l'âge de 2 ans, cherchent à interpréter pour lire comme les adultes. C'est naturellement qu'ils assimilent le nom de leur produit préféré (le « K » d'une célèbre marque de céréales, l'enseigne «boulangerie". Tout commence donc avant l'école, par des tâtonnements, des explorations, des interrogations. qui reposent la plupart du temps sur des relations mimétiques avec les aînés. Telle petite fille va reproduire les gestes de sa maman qui dresse sa liste de commissions ou signe un chèque. Tel garçonnet va imiter son frère qui lit une leçon à haute voix en commentant les illustrations de sa bande dessinée. Alors qu'ils ignorent les règles scolaires des apprentissages, les enfants multiplient des pratiques libres de «pré-lecture » et de «pré-écriture ». Les plus fréquentes sont :

  • écouter des histoires lues

  • tracer des signes sur un dessin et inventer son écriture (vagues, bâtons, lettres, pseudolettres.) pour expliquer, raconter

  • poser des questions («ça veut dire quoi ?», «c'est quel mot ça ?») quand les grands écrivent ou lisent

  • décrire des images en prétendant lire un texte ; imiter les grands qui lisent et écrivent. (...)

    Il apparaît que le CP réussit mieux à ceux qui ont baigné dans la «pré-lecture» et la «pré-écriture». Ils connaissent les bases de vocabulaire et les outils essentiels. Ils comprennent l'ordre de déroulement d'un récit et différencient les dialogues de la narration. Ils savent dans quel sens se tournent les pages et écrivent de gauche à droite. Ils mettent en relation les dessins et les textes. Cette somme de savoirs techniques s'avère à long terme plus utile que la maîtrise théorique de l'alphabet. (...) le terrain sur lequel opèrent les enseignants la première année de primaire se révèle loin d'être vierge. Il faut tenir compte du «bagage » des enfants, sachant que : tous les élèves n'ont pas le même niveau de «pré-lectureet de «pré-écriture» ; les élèves ont des idées préconçues, des certitudes, des a priori relatifs à la lecture et l'écriture. Ces deux écueils majeurs expliqueraient en partie que dans une même classe des écoliers lisent au bout de quelques semaines tandis que d'autres, 25 % en moyenne, n'en soient pas encore au stade du déchiffrage.Parents et équipes pédagogiques ne doivent pas commettre l'erreur de croire que les petits sont des novices. C'est tout le contraire puisqu'ils se sont déjà constitué leur propre mode de lecture écriture. Il n'est plus question ici de leur apprendre mais de leur réapprendre les choses. Finalement, s'il demeure inutile d'aller trop vite et de réglementer la lecture avant le CP, il est très utile d'entretenir une culture ludique des livres. Rien de tel qu'une prise de contact agréable pour bien lire et bien écrire à l'école !

     "Ici en Belgique, la notion de pré-braille est enseignée dès la maternelle. Le principe didactique est très simple. Le braille = 6 points ou "cases" : il faut donc apprendre d'abord à l'enfant la notion haut/bas, puis ensuite, entre les deux, le milieu. Seulement après : la gauche et la droite (haut / milieu et bas), puis enfin, faire découvrir qu'il y a une gauche à gauche et une droite à droite (les caractères suivants ou précédents). Le meilleur moyen : apprendre à l'enfant à ranger des choses dans des petits casiers disposés comme les lettres brailles. Personnellement, nous avons construit une boîte de la sorte avec laquelle nous essayons de faire jouer XXX."

     "Le pré-braille, c'est à mon avis beaucoup d'expériences de toucher de plus en plus fin, et en même temps l'apprentissage de la latéralisation. XXX a appris toutes les lettres en braille avec un plaisir évident. Je colle des étiquettes en braille un peu partout, CD, livres, jeux, il ne cherche pas forcément à lire, mais c'est sous ses doigts. Il écrit à la Perkins très facilement, et nous essayons aussi de chercher les sons dans les mots."

     "Il existe aux USA différentes méthodes qui préparent les enfants à apprendre a lire et écrire (les 2 principales sont "Patterns" et "Mangold"). Ce sont des programmes qui sont fondés sur le braille ; ce n'est pas la version braille d'un programme de lecture en noir. Ils introduisent le braille selon une séquence "contrôlée"; ils permettent d'acquérir les techniques appropriées pour lire correctement. En général ces programmes sont utilisés dès la maternelle par l'enseignante spécialisée comme un supplément au programme ordinaire d'apprentissage de la lecture suivi par la classe. Ils peuvent être aussi facilement utilisés par les parents pendant les vacances par exemple. (…) en France, il semblerait que les méthodes utilisées sont plutôt les versions braille des méthodes en noir. (…) Il est évidemment très important de lire à son enfant. Même si celui-ci ne voit pas les mots, il peut autant apprendre de ce qui l'entoure en écoutant des histoires. En plus, il peut "lire" en même temps si vous utilisez des livres qui sont écrits a la fois en braille et en noir (j'ai toujours adapte en braille tous les livres de XXX, même pour ses premiers livres quand il avait 6 mois, même s'il suffisait d'écrire un seul mot par page). Au début, l'enfant ne lit pas réellement, et cela n'a pas d'importance si ses doigts ne sont pas sur le mot lu. "Lire en même temps" permet à l'enfant de connaître le monde de l'écrit alors qu'il écoute l'histoire. De cette façon, l'enfant commence à réaliser qu'il existe une relation entre les mots qu'il ou elle entend et les symboles écrits sur la page. Ce qui est aussi important que la lecture, c'est évidemment explorer le monde extérieur, pour pouvoir comprendre les idées développées dans les livres. Par exemple, un enfant qui ne va jamais dans un parc de jeu aura du mal à comprendre une histoire centrée sur des enfants jouant a la balançoire ou au toboggan. A chaque fois que je lis ou que j'écris je le mentionne a XXX, pour qu'il sache combien la lecture/écriture est importante dans ma vie de tous les jours, ou dans mon travail."

     "Aller à la bibliothèque; lire à haute voix les titres de livres et laisser choisir votre enfant. On peut aussi facilement choisir des livres sur cassettes. Laisser votre enfant choisir les livres en braille que vous pouvez commander dans les quelques centres spécialisés. Le prévenir quand les livres arrivent dans la boite aux lettres, et commencer a lire ensemble l'histoire, ou peut-être seulement le titre. Laisser votre enfant choisir le livre qu'il ou elle veut lire dans la journée, même si c'est toujours le même livre. Avant de commencer à lire l'histoire, lire seulement le titre et demandez-lui s'il a une idée de ce que sera l'histoire. Eventuellement, aidez-le à le formuler. Pendant la lecture, faire des commentaires sur l'histoire ou posez des questions. Utilisez des objets "réels" pour illustrer l'histoire. Après la lecture, discutez ensemble de l'histoire. Faire des livres avec votre enfant sur ses propres expériences (des visites) ou encore ce qu'il fait tous les jours, en incorporant des objets réels et quelques lignes en braille (j'avais par exemple fabrique avec XXX un livre qu'on avait appelé "le livre de la salle de bains" ou on avait collé un petit savon parfumé, un gant, une brosse a dents, avec quelques lignes en braille décrivant les objets. Comme XXX connaissait par coeur le texte, il pouvait facilement "lire" le livre tout seul, en tournant les pages, et en décrivant les illustrations. Faites raconter à votre enfant une histoire, écrire l'histoire en braille et la relire ensemble, en lui faisant suivre les mots écrits. Faites participer votre enfant quand vous écrivez une liste de courses, une carte de voeux etc... Encouragez votre enfant à gribouiller des histoires, des mots sur la machine à écrire braille (Perkins), pour lui donner l'idée de ce que c'est que d'écrire. Adapter tous les jeux, livres, cassettes, alphabet etc...en braille. Aider votre enfant à copier les lettres ou les mots que vous écrivez pour lui en braille. Aider votre enfant à écrire et lire son nom en braille. Ensuite vous pouvez travailler spécifiquement sur l'alphabet lui-même, et sur des exercices aidant à positionner correctement les doigts sur la page écrite. Aider à reconnaître son nom ou le nom de ses frères et soeurs, ou encore la première lettre de ces noms. Faire des jeux qui aident l'enfant à maîtriser le mouvement de ses mains pendant la lecture. Par exemple, en collant sur du papier braille des lignes de rubans ou en faisant des lignes de points en braille (par exemple les 6 points en même temps comme pour écrire e accent aigu). On peut intercaler dans ces lignes des autocollants ou le nom de l'enfant en braille. Encourager l'enfant à rester sur la ligne. Je disais par exemple a XXX que ses mains étaient une locomotive et que les lignes en braille étaient les rails. Les autocollants étaient les gares, et c'était des histoires sans fin de train qui devaient aller d'une gare à une autre. Avec les mêmes papiers, on peut aussi jouer a compter le nombre d'autocollants (a combien de gares le train doit-il s'arrêter ?). On peut incorporer différentes formes, les ronds sont les gares de voyageurs, les triangles les gares de marchandise et s'amuser a compter les gares de voyageurs où le train s'arrête. On peut aussi commencer à décrire ce qu'est un livre: tous les livres n'ont pas la même forme ou la même taille (l'illustrer en prenant ses livres favoris); les livres ont différentes parties (la couverture, la page de titre, les autres pages etc....); on tourne les pages une par une en commençant par la couverture jusqu'au dos du livre; les pages sont numérotées en ordre; les livres peuvent contenir des images et du texte; les mots sont lus de gauche a droite et une page est lue de haut en bas; les livres sont écrits par une personne qui veut partager un message. Puis ensuite on peut fabriquer avec l'enfant un livre. Ecrire des livres qui touchent l'enfant dans sa vie de tous les jours, avec des mots simples que l'enfant peut facilement identifier. Par exemple: un livre intitulé "mon nouveau train" "je peux jouer avec mon train" "ma mère peut jouer avec mon train" "je peux jouer avec ma mère". On peut facilement fabriquer un calendrier en braille. En haut d'une feuille de papier braille, on écrit le mois. En dessous, on écrit les jours de la semaine sur une même ligne (7 colonnes). En dessous on écrit la date dans les colonnes appropriées. On peut alors lire avec son enfant chaque jour le calendrier pour savoir le jour."

     "Pour suivre les lignes, on jouait à imaginer que ses doigts étaient un train, et qu'il fallait donc suivre les "rails", c'est à dire la ligne. Pour que cela ne soit pas trop ennuyeux, j'incorporais à certains endroits des objets (autocollants, boutons, pompons etc...) qui représentaient les stations de train. Le jeu était de savoir si le train pouvait atteindre chaque station. Plus tard, on comptait les objets sur chaque ligne. Aussi je faisais des lignes de différentes longueurs. C'est important de faire attention à ce que l'enfant utilise bien ses deux mains pour suivre les lignes. C'est une bonne habitude à prendre pour devenir un bon lecteur de braille. On peut jouer à ce que les deux mains soient des wagons qui doivent rester côte à côte."

     

    Production de braille

     

     «A télécharger sur : http://www.masef.com/telechargement/brailleur.exe

    Un logiciel qui permet à l'utilisateur, voyant, de découvrir, de se familiariser avec, voire d'apprendre l'alphabet braille. L'interface, simple et intuitive découpée en deux volets. Sur la partie Apprentissage, il suffit d'entrer un caractère alphanumérique au clavier pour que sa transcription braille apparaisse. La partie "évaluation" propose un caractère alphanumérique au hasard, l'utilisateur doit alors "gommer", à l'aide de la souris, les points noirs indésirables pour que le résultat final corresponde à celui-ci. Après validation, Brailleur confirme ou infirme la proposition."

     

     «Pour obtenir du « braille noir », il faut télécharger et installer d'abord les polices braille sur l’ordinateur. Elles ne le sont automatiquement qu’à l'installation de logiciels de transcription. Une adresse parmi d'autres pour télécharger : http://www.snv.jussieu.fr/archambault/braille/"

     

     «J'ai repris un site que j'avais commencé il y a déjà quelques temps pour arriver à une première version utilisable (j'espère) ! Le principe est simple : vous écrivez en Braille, comme sur une machine Perkins, et vous vérifier ensuite en noir que vous n'avez pas fait de faute...  http://apprendrelebraille.free.fr

     «Il y a une multitude de nouveaux manuels scolaires qui sortent chaque année, les programmes changent régulièrement, et les professeurs aiment bien travailler avec des ouvrages récents. Fin juin/début juillet sauf rares exceptions d'établissements qui donnent la liste plus tôt, l'élève achète ses livres en noir comme tout le monde (ou le SAAAIS ou équivalent), souvent en double pour conserver un exemplaire, et les envoie à un service de transcription. Il reçoit ensuite les volumes transcrits au fur et à mesure. En CE1 il peut espérer avoir le tout à Noël mais en première S, le livre de math risque d'être fini début mai (après les vacances de Pâques est la limite demandée aux transcripteurs), voire plus. Pour un livre ayant déjà été transcrit une première fois, seul l'embossage est nécessaire, ce qui va beaucoup plus vite naturellement. Récupérer les fichiers texte des éditeurs est très intéressant pour des romans ou du texte linéaire, mais les fichiers des manuels scolaires fournis éventuellement par l'éditeur sont des fichiers image, on est pas plus avancé que si on avait scanné, avec les schémas, couleurs, tableaux, photos, etc... Et puis le transcripteur est amené à regrouper des passages (l'exercice avec sa correction qui se trouve en fin de livre par exemple), à commenter les images, à interpréter les éléments graphiques... autant d'éléments qui ne figurent pas dans le texte initial : au final le gain de temps est loin d'être flagrant."

     "Si les collèges et lycées utilisaient tous la même série de livres je crois que beaucoup de problèmes seraient résolus. Sachant que pour un seul livre d'anglais niveau 6ème, il existe au moins 8 éditions... rien n'est fait pour l'intégration. Si le livre n'est pas transcrit, il faut le faire parvenir dans des centres de transcriptions, et lorsque le prof (en maths) pioche au milieu ou à la fin du livre eh bien nos élèves n'ont pas de livres à se mettre sous les doigts ! Et lorsque leur livre en braille arrive eh bien le cours est déjà fait. Il y a un sacré travail de sensibilisation à faire auprès des établissements. Car même si on transcrit un livre en entier seul quelques chapitres sont utilisés (français...) et les profs utilisent beaucoup de photocopie. Et c'est quand même dommage en 2005, que les transcriptions soient effectuées par des bénévoles. Pourquoi l'état ne pourrait pas prendre en charge un centre de transcription en Ile de France et travailler en collaboration avec les S3AIS ou autre, et les établissements afin de ne pas transcrire 5 ou 6 livres de français pour un même niveau. Et imposer aux établissements accueillant des DV ou non voyants les ouvrages déjà disponibles en braille ou en agrandis. Ces établissements veulent bien accueillir nos enfants, mais il ne faut surtout pas faire de vagues, ils se donnent bonne conscience, mais en fin de compte ce sont les enfants qui doivent s'intégrer et on ne fait rien pour leur faciliter la tâche. Il y a une bonne réforme au niveau des éditeurs et de l'éducation nationale à mettre en place et je crois que ce n'est pas encore gagné !"

     "On peut imprimer du Braille avec une embosseuse Braille connectée à un ordinateur. Deux logiciels existent sous Windows pour le faire : WinBraille fourni avec l'imprimante embosseuse INdex la plus répandue et DBT en vente exclusivement à l'AVH à Paris. Encore faut-il disposer d'une embosseuse et aimer supporter le bruit que cela fait. Pour transcrire de gros documents, cela prend du temps alors bonjour les oreilles ! Il faut investir en plus dans un capot insonorisant ou bien enfermer le monstre dans une pièce bien isolée pour ne pas à avoir supporter ses rugissements.»

     "La transcription ne s'arrête surtout pas à la connaissance du braille, vous oubliez les document en relief, les gros caractères, les maquettes... La formation comprend entre autres toutes les formes de braille  : mathématiques, scientifique et musicale...abrégé, mais aussi la connaissance de l'oeil et ses maladies, le toucher "Hatwell" etc.  etc. Elle dure 2 ans et nécessite d'être en poste (pour ne pas la payer de sa poche). Il y a un examen chaque année et un mémoire à produire. Le diplôme est un diplôme d'état sous l'égide du ministère de la santé, la FISAF l'organisme formateur. FISAF : Fédération Nationale pour l'Insertion des Sourds et Aveugles". Dans la convention 66, il existe 2 grilles de salaires pour les transcripteurs : une avec diplôme et une sans le diplôme. Mais pour accéder à la formation du diplôme il faut bien le niveau licence et connaître le braille, c'est pourquoi il est très difficile de recruter du personnel qui puisse accéder à la formation.»

     

     "Les enfants aveugles manquent cruellement de livres en braille. L'édition en braille est confidentielle et même clandestine (problème des droits d'auteur sur les transcriptions). Les manuels scolaires ne sont pas toujours transcrits en entier ou pas du tout transcrits comme par exemple les livres d'histoire-géo. Les transcripteurs sont souvent des gens de bonne volonté qui n'ont pas le temps de corriger leur copie et les livres sont quelquefois pleins de fautes. La diffusion de ces livres est quasi-nulle. Leurs prix sont prohibitifs. Et je pourrais continuer..."

     "En France, à cause de la loi sur les droits d'auteurs, il est difficile voire impossible de trouver les livres que nos enfants veulent lire ! Que cela soit en Braille ou en Gros Caractères. (...) L'Angleterre a changé sa loi sur le copyright (...) donnant le droit a n'importe quel groupe de transcrire n'importe quel livre au format adapté, sans passer par une demande d'autorisation préalable à l'éditeur. (…) Aux Etats-Unis la loi (Public Law 104-197, votée le 16 septembre 1996) est en faveur de l'édition adaptée : aucune autorisation préalable n'est requise, à la condition d'éditer exclusivement pour les personnes handicapées (...) Aucune limite n'est imposée sur la quantité de copies effectuées. Certains états vont même plus loin comme par exemple la Californie qui a votée une loi en 1999 obligeant les éditeurs à fournir aux transcripteurs les fichiers numériques sources des manuels universitaires dans un format non crypté. D'autres pays ont le même type de lois: on pourrait citer le Canada, la Nouvelle-Zélande, Danemark, Suède, Finlande, Norvège, Espagne, Portugal, Australie."

     

    Envois en franchise braille

     «Courrier intérieur / Envois spéciaux / Imprimés à l'usage des aveugles : "Cécogrammes" . Sont considérés comme "Cécogrammes" :

    • les imprimés en relief (Braille)
    • les clichés en métal destinés à obtenir des impressions à l'usage des aveugles les envois de papiers spéciaux destinés à ces impressions, expédiés par les institutions pour aveugles reconnues comme telles, et adressés soit à des aveugles, soit aux personnes chargées de transcrire des textes. L'indication de l'institution expéditrice est obligatoire à l'extérieur.
    • les enregistrements sonores expédiés par les institutions pour aveugles reconnues comme telles et bénéficiant d’une autorisation spéciale à des aveugles ou renvoyés à ces institutions par les aveugles."

     

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